( AFP / RICHARD A. BROOKS )
L'inflation au Japon a de nouveau accéléré en juillet, renforçant les attentes d'un nouveau resserrement monétaire de la banque centrale (BOJ), après que le PIB du pays a montré une progression de l'économie nippone au deuxième trimestre.
Les prix à la consommation hors produits frais ont augmenté de 1,8% sur un an le mois dernier, selon les chiffres officiels publiés vendredi, après +1,6% en juin.
Cette hausse est conforme au consensus d'économistes sondés par l'agence Bloomberg.
Les prix ont notamment été tirés à la hausse par le coût de l'énergie importée, alors que les produits dérivés du pétrole se renchérissent avec la flambée des cours du brut sur fond du conflit au Moyen-Orient.
En excluant l'alimentation et l'énergie, l'inflation s'est établie à 1,9% après 1,7% en juin.
Le Japon, pauvre en ressources, est extrêmement dépendant de ses importations d'hydrocarbures.
La chute du yen, tombé à son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar avant la récente intervention conjointe des Etats-Unis et du Japon pour le renforcer, augmente également le coût des importations, contribuant à l'inflation.
Le gouvernement tente d'atténuer les effets de l'inflation sur le pouvoir d'achat des ménages, avec notamment un plan de relance massif adopté fin 2025, de vastes rabais fiscaux sur l'énergie, et de nouvelles aides adoptées au printemps pour soutenir la consommation.
Rythme accru de la hausse des prix
La Première ministre Sanae Takaichi a aussi annoncé fin juillet que la taxe sur la consommation des produits alimentaires allait être ramenée de 8% à 1% pendant deux ans à partir d'avril 2027, pour atténuer les effets de l'inflation.
Malgré ces mesures, les effets de l'inflation restent sensibles pour les ménages japonais.
"En données corrigées des variations saisonnières, la hausse mensuelle a également atteint 0,3%, ce qui indique un léger renforcement du rythme de progression des prix", note Yoshiki Shinke de Daichi Life.
"Jusqu'à présent, le ralentissement des prix alimentaires avait contribué à calmer l'inflation, permettant encore en juin d'estimer que la tendance sous-jacente restait globalement stable. Les chiffres de juillet vont cependant plus loin et laissent penser que l'inflation pourrait repartir à la hausse", ajoute-t-il.
Les coûts "ont commencé à être répercutés aux consommateurs pour (...) les biens de consommation courante, et leur diffusion pourrait encore s'élargir à l'alimentation et aux produits quotidiens", estime encore M. Shinke.
Les chiffres de vendredi devraient ainsi "conforter la BOJ dans son opinion que l'inflation sous-jacente est en passe d'atteindre durablement son objectif de 2%", selon Taro Kimura de Bloomberg Economics, qui s'attend à un resserrement dès octobre.
La résistance de l'économie nippone au deuxième trimestre (+0,3% par rapport au trimestre précédent), annoncée lundi, va également dans ce sens.
Alors que l'archipel, longtemps guetté par la déflation, a été confronté depuis le printemps 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation au-delà de 2%, la BoJ a entamé depuis mars 2024 un resserrement de ses taux, après 10 ans de politique monétaire ultra-accommodante.
La banque centrale avait maintenu le statu quo monétaire fin juillet, après avoir relevé en juin son taux directeur à 1%, au plus haut niveau depuis plus de trois décennies.
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